"Tout ce qui brille n'est pas or"

Dans la phase de conception d’un module e-learning, de plus en plus, on me demande d’augmenter les effets multimédia, les fameux effets « fêtes foraine » : des animations en 3D, des jingles, des stimuli sonores et visuels en grand nombre...

Dans l’esprit de beaucoup de personnes, c’est ce qui rendra le module e-learning « ludique ». Il est vrai que le module doit l’être.

Cette tendance est d’ailleurs renforcée par le degré d’équipement des entreprises et par l’avancée technologique des outils. En effet, la bande passante n’est « presque plus » aujourd’hui un problème. A l’heure de l’ADSL, des très hauts débits permis par le câble ou par les infrastructures Intranet à 100 Mbits, on a envie d’en faire passer « un maximum ». Les outils de développement permettent désormais d’envisager de la 3D, du Serial Game sophistiqué, du son stéréo etc.

Mais attention ! Un module doit être ludique par le fond plus que par la forme. Les apprenants sont vite fatigués par les couches superficielles visuelles et sonores qui, en définitive, peuvent venir polluer le message. L’autoformation demande déjà un gros effort de concentration. S’autoformer est plus fatiguant que de se faire former.

Cette course aux effets spéciaux a un autre inconvénient. Elle pousse de plus en plus les éditeurs à développer en off-shore. Car cela coûte très cher. L’éditeur perd à ce moment là immanquablement de réactivité au détriment de son client final.

N’oublions pas l’objectif premier du module e-learning : il s’agit d’un outil de formation, pas de distraction.